Attractivité et point d'indice : le retour de la disette en 2023 ?

La Fonction publique n'attire plus...

Une revalorisation de 3,5% du point d'indice est intervenue en juillet 2022, après plus de 10 ans de gel de ce point. Le ministre de la Transformation de la Fonction publique (TFP) a beau clamer qu'il s'agit de la plus forte augmentation depuis 1985, face au 6% d'inflation constante depuis bientôt un an (6,2% en février 2023), c'est vite, très vite devenu insuffisant et inacceptable. Avec cette seule maigre augmentation au vu du contexte, nous ne sommes pas loin de l’aumône en réalité.

Les mesurettes pour combler les écarts de rémunérations par rapport au SMIC, qui lui, poursuit bien son rythme de revalorisation 2 ou 3 fois par an, auront très vite fait d'étouffer à nouveau les grilles des agents de constatation (catégorie C) qui, elles-mêmes, cannibalisent celle des contrôleurs (catégorie B).

Tout cela ne suffit évidemment pas à redonner de l'attractivité à la Fonction publique. Dès lors, les recrutements sans concours se développent dans différents secteurs : Éducation, PAF, Pénitentiaire, etc.

Est-ce précurseur d'une réforme de plus grande ampleur ? La Douane sera-t-elle concernée ? Il faut certainement s'en préoccuper.

Mais pas de nouvelle hausse du point d'indice !

Le média Acteurs Publics nous apprend, ce 28 février, que : "Lors d'un débat organisé à l'Assemblée nationale, lundi 27 février, le ministre Stanislas Guerini a été interrogé sur l'hypothèse transmise au Conseil d'orientation des retraites (COR) d'un gel du point d'indice jusqu'en 2027. Le gouvernement temporise et promet d'aborder la question du pouvoir d'achat des agents publics lors des prochaines discussions sur les carrières et les rémunérations dans la fonction publique."

L'UNSA réclame un complément à la revalorisation de 2022, pour obtenir 10% de hausse du point d'indice. Il faut tenir compte des années de gel en plus de l'inflation pour accorder une juste rétribution à l'implication des salariés du public dans leurs tâches au quotidien, qui deviennent plus exigeantes et malheureusement plus dangereuses.

Pour le moment, Stanislas Guerini ferme la porte à toute mesure de revalorisation générale. Du moins, il ne veut pas aborder ce sujet avant l'ouverture du chantier sur les carrières et les rémunérations. Problème, cette nouvelle réforme qui se profile aboutira quand ? sur quoi ? Voilà ce qu'il en dit :

“Nous faisons face à nouveau à une année d'inflation importante”, en promettant d'aborder la question du pouvoir d'achat dans le cadre des discussions sur la “réforme structurelle” des rémunérations de la fonction publique : “elles devront intégrer la situation conjoncturelle et le niveau d'inflation auquel nous faisons face, nous prendrons en compte pour les mois à venir la situation de l'inflation”.

Il ne pouvait pas être plus évasif que ça sur la questions des salaires, qui semble bien renvoyée aux calendes grecques. pour le reste, le ministre de la TFP a démontré par ses récents propos son incarnation sans faille de la politique du président Macron, telle que nous la dénoncions en mai 2022 : La paupérisation est bien en marche ...

Pendant ce temps, le privé s'organise :

Pour faire face à l'inflation, mais aussi pour attirer de nouveaux salariés, le secteur privé se montre bien plus offensif. Les entreprises envisagent une progression moyenne de 4,5 % des salaires en 2023. Plusieurs médias s'en font l'écho : francetvinfobfmtv, 20minutes, cnews

ALORS ? Quelles ambitions ont réellement nos dirigeants pour la Fonction publique ? Après la loi sur la Transformation de la FP en 2019 qui a supprimé une partie des CAP et instauré les LDG, que nous préparent-ils ?

L'UNSA Douanes veut un plan négocié avec les représentants des personnels !

La douane sera inévitablement touchée par ce manque d'attractivité. L'appel au Conseil scientifique pour établir des nouvelles méthodes d'intervention ne pourra pas suffire. Après avoir (r)établi un pouvoir de contrôle constitutionnel, efficace et applicable, il sera temps, en 2023, de se pencher sur la question :

  • Un douanier débutant devrait pouvoir prétendre à un salaire minimum de 2000 euros nets mensuels

  • Une revalorisation globale des rémunérations en découlerait, au bénéfice de tous les personnels

  • Un statut d'emploi simplifié, appuyé sur 3 niveaux de grilles indiciaires, doit définir clairement les responsabilités et le niveau de rémunération de chacun

  • La formation initiale doit être renforcée et la formation continue accessible à tous, et notamment en région

  • Le niveau d'ER doit être établi selon les besoins en service public, charge à l'employeur de combler les postes vacants pour ne plus user les agents encore présents

  • Des investissements réels et massifs sont nécessaires dans le renouvellement du matériel et les moyens de transports terrestres, maritimes et aériens, ainsi que pour l'acquisition de nouveaux équipements plus modernes

  • Un régime indemnitaire spécifique doit être établi pour tous les personnels en horaires atypiques

  • La prise en compte de la pénibilité doit être réelle et dans toutes les branches d'activité

L'UNSA Douanes veut un Ministre et une Direction ambitieux pour la Douane, qui pour l'heure souffre d'une trop grande inattention par rapport aux moyens que l’État prévoit pour d'autres services publics, garants de la sécurité du pays.

 

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