Moderniser sans précariser : un impératif pour la douane !

LES AGENTS constituent LE SYNDICAT qui organise LE CONTRE-POUVOIR ! Alors, impliquez-vous, ne cédez pas au fatalisme. Constituez un collectif, plébiscitez une cause commune à travers laquelle chacun se sentira valorisé. L'union fait la force et c'est seulement ainsi que la cause des travailleurs est toujours reconnue. Rejoignez notre union syndicale et venez porter vos contributions pour un quotidien au travail plus juste, plus valorisant et plus reconnaissant : rejoignez l'UNSA Douanes ! 

 

Monsieur le directeur,

La feuille de route 2025 de la sous-direction SI affiche une ambition claire de modernisation des infrastructures et des outils numériques douaniers. Si nous saluons cette volonté d’innovation et de sécurisation des systèmes, nous ne pouvons ignorer les préoccupations majeures qu’elle soulève pour les agents. Qu’en est-il de la feuille de route de 2026 ? Quels en sont les contours et quand pourrons-nous en discuter ?

D’abord, cette transformation numérique ne peut se faire sans une véritable concertation avec les personnels concernés. L’automatisation croissante, notamment avec l’IA générative, risque de modifier profondément les métiers, sans que des garanties suffisantes sur l’accompagnement et la formation ne soient apportées. Nous exigeons un plan de formation ambitieux et une prise en compte réelle des impacts sur les conditions de travail. Quels garde-fous sont prévus contre d’éventuels biais ou erreurs ?

Ensuite, la répartition budgétaire privilégie les investissements au détriment du fonctionnement. Or, un service public efficace repose avant tout sur des moyens humains et matériels pérennes. Nous alertons sur le risque d’une modernisation mal accompagnée, qui fragiliserait les agents plutôt que de les soutenir. Quelle est l’enveloppe budgétaire globale ?

Par ailleurs, la dépendance croissante aux technologies propriétaires pose un problème de souveraineté numérique. La douane doit préserver son autonomie et éviter d’être enfermée dans des solutions techniques dont elle ne maîtriserait ni les coûts ni les évolutions.

Concernant le projet PHEDRE, nous partageons l’objectif de rationalisation des infrastructures, mais nous demandons des garanties sociales fortes. Aucun emploi ne doit être menacé, et les agents impactés doivent bénéficier d’un accompagnement à la hauteur des enjeux.

L’UNSA Douanes demande donc l’ouverture d’un dialogue social, pas d’une réunion d’information sur ces sujets cruciaux. Moderniser ne doit pas rimer avec précariser. Nous resterons vigilants pour que ces transformations profitent aux agents autant qu’au service public.

Enfin, nous tenons à souligner une problématique essentielle : les perspectives de carrière des agents de la filière TSI. Si la modernisation est nécessaire, elle doit aller de pair avec une valorisation des compétences et une évolution professionnelle adaptée. La spécialisation accrue des métiers informatiques douaniers doit s’accompagner de véritables opportunités de progression et de reconnaissance statutaire. Or, actuellement, trop d’agents restent confrontés à un manque de perspectives claires.

Par ailleurs, l’agenda social douanier est percuté ce jeudi 3 avril, à l’occasion de la journée nationale de mobilisation pour la rémunération des fonctionnaires, à l’appel de plusieurs syndicats dont l’UNSA FP.

Force est de constater que l’année 2025 pourrait être une année noire pour les services publics, les agents et par conséquent les usagers.

Les récentes manipulations autour du pseudo débat sur les retraites n’ont surpris personne. La volonté gouvernementale et patronale d’augmenter encore et toujours le temps passé au travail, afin de laisser supporter aux seuls salariés les coûts supplémentaires de financement illustre le peu de considération octroyée aux besogneux.

La posture de l’actuel ministre de la Fonction publique, certes plus angélique, ne sert en rien la cause des fonctionnaires. Une nouvelle dégradation de la rémunération des agents publics est en marche, avec la poursuite du gel de la valeur du point d’indice après une année blanche en 2024, la reconduction du non-versement de la GIPA (Garantie individuelle du pouvoir d’achat) en 2025 comme en 2024, l’absence de refonte de la grille indiciaire et la persistance d’inégalités salariales entre les femmes et les hommes.

En outre, la stigmatisation des agents malades avec la réduction de 10 % de la rémunération les trois premiers mois du congé maladie ordinaire, caractérise l’injustice sociale liée aux baisses de crédits alloués au financement des politiques d’action sociale.

En cette journée de mobilisation, l’UNSA Douanes rappelle ses principales revendications :

Un service public douanier assurant la protection des populations et répondant aux besoins des populations sur l’ensemble du territoire y compris en Outre-Mer.

L’augmentation de la valeur du point d’indice. La refonte des grilles indiciaires.

La rénovation du régime indemnitaire douanier.

La suppression de la baisse de 10% des rémunérations pendant les congés de maladie.

Une douane forte doit reposer sur des bases solides. Aujourd’hui, nous constatons avec amertume que les décisions de nos hauts dirigeants s’éloignent dangereusement de la réalité et des besoins fondamentaux de nos métiers. Le fossé qui se creuse entre leurs priorités et les nôtres ne peut être ignoré.

En signe de protestation face à l’abandon manifeste de notre employeur, nous avons choisi de nous retirer temporairement du dialogue social. Cette décision, bien que difficile, vise à souligner l’impérieuse nécessité d’une mobilisation collective.

Nous refusons de rester passifs face à une situation qui menace l’intégrité de notre profession et l’avenir de tous ses acteurs. Ce geste est également un appel à nos collègues : il est temps d’agir ensemble pour défendre nos valeurs et construire un avenir à la hauteur de nos ambitions.

À Montreuil, le 03 avril 2025

GT/CSA-FS