L’administration poursuit l’élaboration de son plan d’action relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, dont la version définitive doit être présentée au CSA‑R de juin. Cette deuxième réunion, organisée le 18 février, a permis à l’UNSA Douanes de réaffirmer ses attentes quant à l’adoption de mesures concrètes et opérationnelles. (À retrouver dans notre liminaire, disponible ici.)
GPB pour les douanières : l'UNSA Douanes en fait un préalable
La première contribution, et non des moindres, était le dossier des gilets pare-balles (GPB) adaptés aux morphologies féminines. À la suite de notre intervention le, chef de la Sous Direction RH prendra attache auprès de FIN2 afin que les GPB anciens modèles puissent, sur demande des agentes, être renouvelés (même s'ils ne sont pas périmés), par les modèles ayant fait l'objet du nouveau marché.
Garde d'enfants adaptés aux horaires atypiques … du progrès en perspective
Ce deuxième élément, qui constitue une priorité pour l'UNSA Douanes, fait l'objet d'étude de la part de l'administration qui s'est rapprochée d'autres corps (police, gendarmerie) afin de comparer les pratiques. Des aides financières dans le cadre d'une action sociale renforcée (budget dédié) sont donc envisagées et soumises à plafond du revenu fiscal du foyer.
Autorisation Exceptionnelle d'Absence (AEA) : une note pour cadrer
L’administration souhaite harmoniser les conditions d’octroi des AEA sur l’ensemble du territoire. Une telle démarche pourrait être utile, à condition de ne pas s’aligner sur la rigidité excessive de certaines Directions en la matière. En outre, nous ne pouvons ignorer les risques de réduction des droits que fait peser le nouveau projet de décret élaboré par la DGAFP.
Congé menstruel : une décision attendue du législateur
Là encore, l'UNSA Douanes porte le focus sur une mesure concrète : arrêt spécifique pour règles douloureuses, sans perte de salaire. Cela relève bien évidemment d'un niveau autre que directionnel, c'est pourquoi nous participons à la campagne nationale : Un congé menstruel dans la loi : Signer la pétition !
Le logement, vecteur social fondamental d'égalité professionnelle
L'accès à un logement social accessible financièrement est aussi une priorité de l’UNSA Douanes. L'assurance d'avoir des propositions de logements permet de lever les freins aux velléités, par choix ou par promotion, de mouvements. Utile pour les douaniers, cette accessibilité renforcée le sera d'autant plus pour les douanières dont une étude dans l'ensemble de la FP conclu à un écart de salaire de 16 % en défaveur des femmes fonctionnaires.
Un effort de promotion pour conjuguer au féminin les métiers de la douane
L'UNSA Douanes a bien identifié les métiers de la branche Surveillance, mais aussi ceux de l’informatique, comme sous représentés chez les femmes et a demandé qu'outre des données sur les ratios (candidates/lauréates) dans les recrutements des données soient fournies sur les mobilités (par choix ou promotions) au sein de l'administration.
Par ailleurs, l'administration annonce la mise en œuvre de kits de communication à destination du vivier des « ambassadeurs » qui feront la promotion des métiers de la douane.
Violences sexistes ou sexuelles : un accompagnement à renforcer
Sur ce point, l’UNSA Douanes a demandé que le plan présenté soit complété. Nous savons en effet que les victimes de violences sexistes ou sexuelles, comme celles de violences intrafamiliales, ne sortent que rarement indemnes de ces épreuves. Il est donc indispensable de prévoir, sur une période évolutive, un accompagnement professionnel renforcé pour ces agent(e)s, incluant à la fois un aménagement de la charge de travail et une adaptation de la nature des tâches confiées.
Distribution de serviettes hygiéniques : quel encadrement ?
Une expérimentation sera lancée en Île‑de‑France et en DIPA. Plusieurs points nous semblent problématiques, à commencer par son financement sur les budgets du FS (13 000 € en DIPA, par exemple) ce qui interroge sur la pérennité et la légitimité de cette charge.
Nous alertons également sur les risques inflationnistes liés à la localisation des distributeurs, notamment lorsque les locaux sont partagés avec d’autres acteurs que la douane. Par ailleurs, les serviettes jetables peuvent présenter un risque de contamination bactérienne. Leur stockage doit donc être encadré avec une rigueur absolue. Enfin, les BSI risquent d’être les grands oubliés si aucun dispositif n’est prévu dans les véhicules de service.
Dans une logique de santé publique, l’UNSA Douanes insiste, en parallèle, sur la nécessité d’un accès à des sanitaires dignes de ce nom pour les agentes amenées à se déplacer hors de leurs services ou en BSI.
Conclusion : une ambition affichée, des moyens insuffisants
En conclusion, si l’UNSA Douanes reconnaît que l’administration introduit des mesures nouvelles pour faire progresser l’égalité professionnelle en douane, nous nous heurtons à une réalité incontournable : la politique actuelle de réduction des effectifs. De plus en plus de services fonctionnent à flux tendus, ce qui va à l’encontre d’une politique réellement ambitieuse en matière d’égalité professionnelle. Un tel plan nécessite en effet des moyens humains dédiés, ne serait‑ce que pour permettre aux services déconcentrés de s’approprier pleinement ces objectifs et de les mettre en œuvre de manière effective.