L'Intelligence Artificielle (IA) s'invite pour le nouveau Code des Douanes

LES AGENTS constituent LE SYNDICAT, qui organise LE CONTRE-POUVOIR : rejoignez l'UNSA Douanes !

Une réunion technique s’est tenue à la DG le mardi 7 octobre pour aborder le thème de l’intelligence artificielle (IA) et de son intégration progressive dans nos usages professionnels. L'UNSA Douanes réclame en priorité une IA au service des agents et non pas en remplacement de ces derniers. A ce stade, les échanges ont permis de faire le point sur les travaux en cours, d’aborder des perspectives concrètes et de rappeler les principes de vigilance essentiels à toute mise en œuvre. Reste à savoir comment l'administration va réellement mettre en œuvre ces réflexions... ou pas !


l'IA s'installe

De plus en plus adoptée dans les usages quotidiens, l’IA s’installe désormais dans nos administrations.
Pour la DGDDI, le défi est double : soutenir l’innovation tout en garantissant la sécurité des données et la souveraineté de l’État.

L’objectif est de mutualiser les développements, de sécuriser les serveurs et de favoriser les solutions françaises ou européennes. L’entreprise Mistral, start-up française, a été citée comme référence technique pour les futurs outils publics d’IA. Ce choix vise à réduire la dépendance vis-à-vis des grands acteurs américains du cloud et à renforcer la maîtrise nationale des modèles.

Cependant, il n’existe pas encore de stratégie ni de gouvernance globale sur ce point. Seule la Charte de l’IA, publiée en janvier dernier, pose quelques jalons.

Un cadre juridique essentiel

Une question demeure : comment étiqueter les données susceptibles de faire l’objet d’un traitement automatisé tout en respectant les exigences du règlement européen sur l’IA, qui entrera pleinement en application en août prochain ?

Une doctrine interne claire est nécessaire, inspirée des anciens BOD jaunes et blancs, afin de définir les données strictement interdites à l’usage IA. Cette classification constitue un préalable indispensable à toute expérimentation.

Il est également essentiel de former l’ensemble des agents à ces nouvelles technologies, pour un usage raisonné, conscient et conforme aux règles de sécurité et d’éthique.

La parole des agents ? La DG risque (encore) de s'en passer...

Concrètement, le projet le plus avancé à la DGDDI concerne la création d’un chatbot d’assistance à la recodification du Code des douanes, dont le lancement est prévu pour le premier trimestre 2026.

Il est très regrettable de constater qu’aucune concertation ni proposition issue du terrain n’a encore été mise en place. Ces outils doivent répondre aux besoins exprimés par les services, et non être imposés depuis le sommet. La pertinence d’une IA ne se mesure pas à son effet d’annonce, mais à son utilité réelle pour les agents.

L'UNSA Douanes réaffirme qu’une douane efficace repose avant tout sur la compétence, le discernement et la responsabilité humaine. La technologie doit rester un outil d’appui de nos missions, non un substitut aux agents.

Ce sujet étant en évolution constante, nous avons insisté sur la nécessité d’un suivi régulier des projets IA et de la mise en place d’un véritable dialogue entre l’administration et les agents, via leurs organisations syndicales.


 


 

GT/CSA-FS