Monsieur le Président,
Nous souhaitons ouvrir ce groupe de travail, en saluant les initiatives ayant un réel impact environnemental et social : covoiturage, mobilité douce, recyclage, numérique écoresponsable, panneaux photovoltaïques… autant de leviers qui, correctement conçus et accompagnés, peuvent transformer notre cadre de travail et notre quotidien.
Pourtant, à la lecture attentive des bilans et dossiers, une constatation s’impose : ces mesures restent, dans leur grande majorité, isolées, cosmétiques, et trop souvent déconnectées de la réalité des agents. Protéger l’environnement ne doit jamais se faire au détriment de la qualité de vie au travail. La transition écologique doit constituer un gain réel pour les agents, et non une contrainte supplémentaire.
Le covoiturage, présenté comme innovant, ne concerne qu’un nombre restreint d’agents et repose sur un financement extérieur qui disparaîtra fin 2025. Sans accompagnement durable, le dispositif est condamné à disparaître. Quant aux pistes cyclables et au vélo, ils restent hors de portée pour la majorité du personnel : distances importantes, horaires décalés, contraintes opérationnelles, et sécurité insuffisante. Ces initiatives ne touchent qu’un public déjà convaincu et ne répondent pas aux besoins essentiels.
Aucun plan global de mobilité n’existe : sur les déplacements des piétons, stationnements, navettes internes, solutions de nuit, transports multi-sites et les agents en horaires atypiques demeurent absents de toute réflexion stratégique. Nous revendiquons, sur ce point, la prise en charge intégrale des titres de transport par l’employeur, ainsi qu’une augmentation du forfait « Mobilités durables » à hauteur de 800 € annuels, à l’instar du secteur privé.
Les projets environnementaux présentés, eux aussi, peinent à dépasser le symbole : quelques panneaux photovoltaïques, bornes électriques, détecteurs de mouvement, tri du mobilier ou des déchets… Ces actions, bien que louables, ont un impact limité et ne répondent pas aux besoins des agents, qui réclament des solutions concrètes, comme l’installation de carports photovoltaïques sur les parkings. Certaines initiatives méritent notre soutien comme le numérique écoresponsable, gestion de l’eau, le photovoltaïque, mais il faut suivi, une évaluation, de maintenance et d’articulation avec les réalités de travail. De plus, aucune enquête n’a été menée pour identifier les besoins réels des agents : les projets restent ponctuels, hors-sol, sans vision d’ensemble.
À ce titre, la question de la qualité de l’air extérieur en milieu aéroportuaire illustre parfaitement ces limites. Le document présenté adopte une approche essentiellement réglementaire qui minimise l’exposition réelle des agents : absence de normes sur les particules ultrafines, comparaisons trompeuses avec la pollution urbaine, et refus d’envisager des mesures indépendantes. Or, certain de nos collègues travaillent au pied des avions ou dans un environnement proche, plusieurs heures par jour, là où les concentrations en polluants sont les plus élevées. Aucune cartographie d’exposition, aucune distinction par métier, aucun suivi respiratoire renforcé n’est prévu, tandis que la prévention est renvoyée à la responsabilité individuelle. Nous demandons donc une campagne de mesures indépendante, une cartographie précise intégrée au DUERP, un suivi médical adapté et des mesures de prévention concrètes pour les postes exposés : une protection réelle, proportionnée aux risques que connaissent les agents.
Notre position est claire : nous soutenons toute initiative véritablement structurante et bénéfique pour l’environnement et pour les agents, à condition qu’elle s’accompagne de moyens concrets, d’un suivi rigoureux et de l’implication des agents. La transition écologique doit être une source de progrès et de bien-être, et non un poids supplémentaire.
Une politique de mobilité ou de transition écologique ne peut se résumer à des slogans, des applications ou des panneaux. Elle doit être globale, concertée, sécurisée, adaptée aux contraintes professionnelles et génératrice de
bénéfices tangibles pour chacun.