Roissy, le 10 juillet 2020

 

Monsieur le Président,

 

Nous nous retrouvons aujourd'hui après plusieurs mois d'absence - ou de contacts dématérialisés - pour ce premier CT post-Covid19 (nous avions d'ailleurs tenu le dernier en présentiel à peine quelques jours avant le confinement et y avions consacré un long moment avec le Docteur THOMAS). Entre temps, beaucoup de choses ont changé...

Le confinement et le ralentissement du secteur aérien qui a suivi ont impacté notre vie quotidienne, plus largement notre perception de la vie et les perspectives que l’on envisage sans oublier évidemment notre environnement de travail (pour encore longtemps, même lorsqu'un vaccin aura été trouvé).

Les jours derniers ont également connu leur lot de changements : Une nouvelle charte gouvernementale est parue en ce début de mois. Notre ancien ministre de tutelle a déménagé place Beauvau.

Même le lieu de réunion de cette instance n'est plus le même.

Liste non exhaustive

 Alors, entraînés par tous ces changements, on se prend, comme le chantait Jean-Louis AUBERT il y a trente-cinq ans, à rêver d'un autre monde...

Un monde où la première intervention à l'international du Président de la République après le plus gros de cette crise serait pour le Washington Post, le New York Times, le Hérald Tribune, le Sun, le Daily Mail, Bild, Der Frankfurter Zeitung (ou tout autre journal ou magazine célèbre mondialement) mais pas pour le FINANCIAL TIMES !

Un monde où le point d'indice ne serait pas, gelé depuis quasiment DIX ANS.

Une monde où les fonctionnaires en général et ceux assurant des missions indispensables - éducation, santé, sécurité au sens large incluant donc la sécurité des échanges (suivez mon regard) - en particulier ne seraient pas vus comme une contrainte mais comme la colonne vertébrale de notre société qui permet à celle-ci de fonctionner de façon normale, de continuer à fonctionner en temps de crise, de se relever après la crise.

Un monde où ces mêmes fonctionnaires ne seraient pas une perpétuelle variable d'ajustement du budget de l'état et attaqués de toute part, le plus souvent sans fondement, que ce soit sur les "réseaux sociaux", les médias, etc...

Un monde où ces mêmes fonctionnaires, qui ont souvent œuvré à permettre au pays de continuer à vivre, ne subissent pas un rationnement inique lorsque vient le temps de quelques subsides accordés en récompense voire, pire encore, un vol manifeste du temps de repos auquel il ont normalement droit (et qui les amènerait sans doute, restrictions sanitaires obligent, à faire fonctionner l'économie touristique française qui en a rudement besoin !).

Un monde où la continuité et/ou la reprise de l’activité ne serai(en)t pas pilotée(s) sans visibilité ni intention de lire les instruments de bord par des technocrates n’ayant jamais foulé le terrain autrement que sur les tapis qu’on déroulait devant leurs pieds lors de ponctuelles visites chorégraphiées pour eux sans lien réel avec l’activité

Mais il est déjà l'heure de se réveiller pour venir siéger à ce Comité... Alors, s'il vous plaît, Monsieur le Président, pour ce qui concerne le périmètre de vos compétences, ne nous imposez pas un réveil trop brutal voire quelques cauchemards à venir...

 

Les élus UNSA Douanes Paris Aéroports