Monsieur le Président,
Ah, la politique, c'est l'art fascinant de prétendre sauver le pays en se battant pour savoir qui aura le privilege de tenir le poste de Premier Ministre, le tout sous le regard resigné voir désabusé du public. Aujourd'hui, aucune perspective claire n’est donnée sur la nommination d'un gouvernement, laissant planer une incertitude profonde sur l’avenir budgétaire de notre Administration, de nos missions et de nos conditions de travail. La clarté, c’est surfait. L’incertitude, c’est tendance.
Si nous en sommes arrivés là, c’est parce que, depuis des années, la politique menée s’est construite sur une succession de promesses non tenues et de réformes injustes. Ces choix politiques n’ont eu pour résultat que l’appauvrissement du travail, l’érosion du pouvoir d’achat, l’absence totale de mesures pour renforcer l’attractivité de la fonction publique notamment notre Administration surtout ceux de la DIPA.
Et pourtant, chaque jour, nous, douaniers, sommes pleinement engagés dans nos missions essentielles : protéger les intérêts économiques de la Nation, sécuriser nos frontières, lutter contre la fraude et préserver la sécurité de la population. Bref, ils tiennent la baraque, pendant que là-haut… on brasse de l’air.
Face à cette réalité, l’UNSA Douanes DIPA reste un acteur engagé et déterminé :
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pour défendre les douaniers qui s'épuisent de jour en jour et notre administration, dénoncer le "toujours faire plus avec moins voir rien",
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pour garantir la pérennité et la reconnaissance de nos missions, elles valent plus que des discours politiques et mieux que des PowerPoints ministériels,
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pour obtenir les moyens indispensables à leur accomplissement, ras le bol de quemander,
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pour améliorer concrètement les conditions de travail de l’ensemble des agents, pourqu'elles ne ressemblent pas à autre chose qu’à un sketch.
Ainsi, Il y a à peine deux ans, en juin 2023, la Cellule de Sécurité Alimentaire voyait le jour. Naissance discrète, mais promesse immense : protéger nos assiettes, garantir la confiance dans ce que nous mangeons, défendre le citoyen jusque dans ce geste quotidien et vital qu’est le fait de se nourrir.
Aujourd’hui, on lui confie plus, beaucoup plus, mais sans lui donner assez. Trois agents supplémentaires, pris ailleurs, comme si la sécurité sanitaire se pilotait à coups de vases communicants. C’est le paradoxe de notre temps : on célèbre l’élargissement des missions, mais on oublie de renforcer l’ossature. On construit une cathédrale sur des échafaudages fragiles. Et nous, UNSA Douanes DIPA, nous rappelons une vérité simple, presque triviale : c’est le travail qui doit s’adapter à l’Homme, et non l’inverse. Car, nous vous alertons sur les effectifs à venir le turn-over de cette cellule sans occulter les autres services de terrains qui sont déjà en sous effectifs, à l’os même.
Parlons des effectifs sur la DIPA, direction en sous-effectif. Nous avons pris connaissance des chiffres présentés, Hier, on parlait d’« effectifs de référence »,aujourd’hui, on nous parle de « cibles physiques ». Permettez-nous de rappeler une évidence : la comparaison avec les « cibles physiques » ne doit pas faire oublier la réalité des effectifs de référence. Car que montrent ces chiffres ? hier, nous parlions d’« effectifs de référence ». Aujourd’hui, on nous parle de « cibles physiques », rappelons qu’une cible s’est quelque chose qu’on cherche à atteindre, qui laisse entendre une marge de manœuvre, c’est plus souple et stratégique ainsi sans obligation, tout le contraire d’objectif ce qui engage à rendre des comptes. Traduction : des horizons
mouvants, des promesses glissantes, une gestion par le manque. On promet +20 agents, mais on en perd presque autant par mutations ou autre. On donne d’une main, on reprend de l’autre. Résultat ? Une stagnation. On nous dit “stabilité”, nous voyons “immobilisme”. Derrière un discours qui se veut rassurant – « nous sommes au-dessus des cibles » – se cache en réalité un appauvrissement structurel. Les cibles ont été revues à la baisse, permettant de prétendre que « tout va bien ». Mais sur le terrain, les agents ressentent l’absence de dizaines de collègues. Concrètement, cela veut dire plus de missions avec moins de monde. Cela veut dire surcharge, fatigue, perte de sens. Cela veut dire aussi des risques accrus : risques pour la santé des collègues, risques pour la qualité du service rendu au public, pour l’efficacité de nos contrôles.
Prenons l’exemple du terminal 1 : pour faire plaisir à ADP et accueillir dans le confort ses VIP, l’Administration a trouvé les moyens de renforcer ce terminal. Mais quand il s’agit de lutter contre les stupéfiants, là, comme par hasard, il n’y a plus d’emplois disponibles. Oui, les Jeux Olympiques ont été un succès. Mais chacun le sait : c’était qu'une parenthèse enchantée. Le lendemain, les renforts sont partis, et les brigades sont restées avec leurs fatigues. On ne peut pas éternellement compenser par des efforts surhumains.
Nous alertons donc clairement : les agents ne peuvent plus absorber indéfiniment les baisses d’effectifs. Les chiffres traduisent un sous-effectif chronique. Nous demandons à l’administration de reconnaître cette réalité, d’arrêter de jouer avec les indicateurs, et surtout de garantir les moyens humains nécessaires pour accomplir nos missions correctement, dans des conditions de travail dignes et soutenables. Combien de temps encore tiendra cette machine sous perfusion ? Combien de temps encore demandera-t-on toujours plus avec toujours moins ?
Tiens un cas typique, le déploiement de la mission sûreté de la BSES Roissy sur Orly. On nous parle d’« harmonisation », de « recentrage », de « valorisation ». Mais derrière ces mots policés, il n’y a qu’une réalité : centraliser sans renforcer, élargir sans compenser. On retire aux agents d’Orly leur expertise locale pour renforcer des missions, aux agents de la BSES, l’Administration impose des trajets répétés, on les épuise physiquement et psychologiquement. On appelle cela rationalisation, nous l’appelons dilution. On appelle cela réforme, nous l’appelons usure, une usure prématurée façon burn-out organisé.
Regardons maintenant le bureau OPCO aerogare d'Orly. On nous dit : « projet neutre ». Nous répondons : rien n’est neutre quand les conditions de travail changent. Derrière la promesse d’une climatisation, on impose la promiscuité. Derrière l’amélioration thermique, on ajoute la surcharge mentale par l’exposition aux flux, la cohabitation forcée, collés les uns aux autres comme des sardines. Oui, il fera plus frais… mais à quoi bon respirer mieux si c’est pour suffoquer autrement ? Car ADP, quand elle veut, elle peut : la preuve, des millions envolés pour un concert d’AIR sur le toit du T1 à Roissy… Pendant que les agents d'Orly, eux, aimeraient simplement un peu d’air frais au bureau des OPCO Aérogare. L’UNSA Douanes Dipa, souhaite garder l’existant, tout en l’améliorant, relancer un sondage aux agents concernés sur deux possibilités le T4 détaxe jour ou rester sur place, organiser une réunion avec les agents et des responsables d’ADP d’Orly.
Enfin, présentation du RSU : la belle photo de famille de notre Direction version N-1. Sur papier, c’est digne d’un album Panini édition collector : brillant, bien maquillé, presque instagrammable. C’est un peu comme notre observatoire interne, les bilans, les rapports administratifs, les visites officielles avec leur défilé de Ministres, Sénateurs, Députés… et bien sûr, la mise en scène des chiffres produits par et grâce aux agents, histoire de faire briller quelques-uns sous les projecteurs. Résultat : de belles phrases, de belles promesses, qui finissent archivées comme des épitaphes sur papier glacé. Mais franchement, à quoi ça sert si derrière on n’a pas un vrai plan d’actions, pour l'attractivité, plus de moyens ? Autant inaugurer un terminal flambant neuf… sans avions. Ça fait joli, mais ça reste un hall d’attente.
Vous êtes confrontés à une pénurie persistante que vous devez gérer, à des moyens donnés par la direction générale qui sont insuffisants qui se réduisent encore. Lors des réunions, nous sommes contraints d’en constater les effets, de les subir et de les dénoncer. Face à cette réalité, l’UNSA Douanes DIPA ne se taira pas : elle continuera à porter haut la voix des agents, à exiger la reconnaissance qui leur est due et à se battre pour que les moyens nécessaires soient enfin au rendez-vous. Le bonheur c'est simple comme un coup de fil.