FLY WITH THE EAGLES OR SCRATCH WITH THE CHICKEN (Vol avec les aigles ou gratte avec les poulets)

 

La Douane, notamment sa branche Surveillance, était devant ce choix. Se grandir ou s’aplatir ? Nos dirigeants politiques ont opté... et ce n’est pas en faveur de notre glorieux passé.

Au moment de l’apparition du Covid 19, le Gouvernement français n’a pas voulu fermer les frontières intracommunautaires. Les Italiens, les Espagnols, les Allemands, pour leur part, ne se sont pas posés de question.

Mais, il fallait contrôler les fameuses (fumeuses ?!) « attestations dérogatoires ». Alors il a envoyé au feu, c’est-à-dire aux frontières, ses troupes spécialisées : la Police aux frontières (PAF). Même en ne travaillant qu’une semaine sur deux, leurs effectifs ont rapidement fait défaut malgré des pans complets de services réquisitionnés : les centres de rétention, certains services d’enquêtes, etc. et encore, les points de passage n’étaient pas tenus   H24 !!

Et la Douane dans tout ça ?

Elle qui tient une majorité d’aéroports sur le territoire national en exerçant parfois un travail de Police, il lui a été demandé de se faire voir et de faire des « affaires », comme si de rien n'était, avec un personnel ultra réduit et dans un trafic quasi nul.

Décidément, rien ne change au sein de notre Administration !!! (cf les attentats 2015) Elle n’a pas tendu la main aux autres services publics (cachant même parfois ses stocks de masques quand d'autres en manquaient cruellement !), ni même aux forces de police dont elle peut exercer les missions.

L’occasion était belle de faire preuve de solidarité avec le pays et de contribuer au maintien des services nécessaires pour s’élever, à l’instar des éboueurs, des caissières, des transporteurs, des livreurs, etc., sans prétendre néanmoins à égaler les soignants : ce sont des aigles royaux !

NON !! Elle a préféré gratter quelques cartouches de cigarettes. Cela n’aurait obéré en rien de plus beaux contentieux.

Son Ministre a bien claironné que les Douaniers étaient comme de simples citoyens, que par solidarité (tiens, là, c’est possible !) ils perdraient des jours de congés et de RTT. Pourtant, nombre d’entre eux sont allés au front dans les bureaux et brigades, sans sourcilier.

Ces dirigeants éphémères mais non moins brocanteurs des services publics, n'ont-ils jamais lu le revers de la médaille des Douanes ?

C’est vrai que la bande rouge garance qui orne les pantalons d’uniformes douaniers modernes est réduite à sa plus simple expression. Quand on sait qu’elle représente, à présent on comprend pourquoi.

Notre corporation gardera un souvenir amer de cette première partie de crise. La solidarité est partie intégrante des douaniers, elle fait partie de leur ADN.

Aucun gabelou n’aurait refusé un acte de solidarité envers la nation, envers le peuple dont nous devons assurer la protection nuit et jour.

Encore aurait-il fallu que notre point-de-vue les intéresse, mais ces derniers étaient trop occupés à ordonner depuis leurs cabinets. Plutôt que d’aider à servir une cause noble et juste, nous aurons à supporter la culpabilité d’être restés passifs et d’avoir été punis pour ce geste, par la privation de nos droits aux congés.

Après cette crise, dont nous aspirons tous à voir la fin au plus vite, le moment viendra d’apprécier les comportements de chacun. Nous saurons alors préserver l’honneur des vrais douaniers !